Zébulon se regarde, ou Le stade du miroir

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On y voit au moins triple, cette fois.

 

Un Zébulon n°1 se regarde dans une haute psyché en « tournicotant », mais son double, le Zébulon n°2, semble affairé à tout autre chose : il lui fait les oreilles d’âne et tire la langue en sautillant, pour le narguer. Pendant ce temps, un Zébulon n°3, qui se tient perpendiculairement à la scène, les regarde tour à tour, la main au menton, visiblement fâché de n’y comprendre rien.

Le sujet, sa représentation et la conscience d’un moi dédoublé : en termes wallono-lacaniens , ce serait un peu « le stade du miroir », — mais un miroir plutôt déceptif.

L’atmosphère est lourde, très loin du Bois joli, dans ce coin de chambre aux papiers peints plutôt chargés (copies d’anciens William Morriss). Et puisque tout vient toujours des satanés parents, la scène de ce petit drame intérieur se déroule sous le regard interloqué d’aïeux vêtus comme en 1900, Monsieur et Madame Zébulon qui surplombent, dans leur cadre ovale, la cheminée de marbre vert.

Sur la tablette de celle-ci trône un bilboquet dont la boule figure la tête d’un Zébulon enfant.

Au gré de 3 rouages disposés en triangle sur deux axes parallèles, le Zébulon qui se mire fonctionne comme le précédent et, sur la même ligne, son reflet monte et descend grâce à une manière de came. Sur l’autre axe, le Zébulon sceptique, lui, emprunte sa machinerie au « Mouton Blanc, qui dit toujours non ».

Le Veau d’Or est toujours debout

veau entier box

 

 

 

 

 

Il s’agissait de donner un sens économico-politique, voire moral, à un jouet, l’amusante « Exploding coin box » qui fut présentée à l’exposition de New-York, en 2012, et que l’on peut revoir sur le site « Grand Illusion »[1].

 

Dans l’opéra Faust, de Charles Gounod, Méphistophélès le chantait déjà :

 

Le veau d’or est toujours debout!

 

On encense sa puissance

D’un bout du monde à l’autre bout.

Pour fêter l’infâme idole,

Rois et peuples confondus,

Au bruit sombre des écus,

Dansent une ronde folle,

Autour de son piédestal!

 

Et Satan conduit le bal.

 

Le veau d’or est vainqueur des dieux!

 

Dans sa gloire dérisoire

Le monstre abject insulte aux cieux.

ll contemple, ô rage étrange,

A ses pieds le genre humain,

Se ruant, le fer en main,

Dans le sang et dans la fange,

Où brille l’ardent métal.

 

Et Satan conduit le bal.

Depuis la crise financière de 2008, à tout le moins, la planète aura peut-être enfin compris que l’impérissable Veau d’Or s’appelle aujourd’hui « capitalisme mondialisé », et que le temple où l’adorent rois et peuples confondus s’appelle une « banque ».

Devant une gravure satirique de la Belle Epoque qui, entre la Bourse et la Tour Eiffel, adaptait déjà le mythe au chaos financier d’alors, on a placé ce qui pourrait bien figurer l’autel où l’infâme idole reçoit les sacrifices : un coffre-fort d’allure invincible.

Or, si nul ne peut ouvrir ce dernier sans la combinaison, il est toujours loisible de glisser des pièces d’ardent métal dans la fente, puisque c’est aussi, apparemment, une tirelire (la Banque reçoit toujours et rend fort peu, c’est bien connu). Pour le poids, on a choisi une grosse pièce, de deux francs (suisses).

Mais gare ! Il est écrit : « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » (Matthieu, 6, 24). Qui voue ainsi un culte aux richesses de ce monde s’expose à voir éclater la boîte, et s’effondrer son rêve d’avaricieux. Aussi bien, quoi d’étonnant à découvrir, parmi les ruines, que la machinerie dissimulée n’est autre qu’un piège… à rats ?

L’effet invariablement dévastateur illustre la puissance d’un mouvement unique, quand il surprend.

 

[1] https://www.youtube.com/watch?v=3dN8xjpOaa

Zébulon : le Tournipsychotis

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Afin de constituer une série, l’on adapte au génie du Manège enchanté l’heureuse idée d’un « automate » que son concepteur, Tom Borromeo, a intitulé « The Meditator »[1].

Ici, un Zébulon infiniment serein montre d’abord sa face rubiconde : les yeux clos, il sourit béatement devant la flamme d’une bougie.

Toutefois, pour qui connaît son histoire tourmentée (que révélait déjà, notamment, « Zébulon se regarde ou le stade du miroir »), cette tranquillité pourrait bien cacher quelque chose.

De fait, quelques tours de manivelle et, à l’arrière du crâne, encagé  et tout concentré sur son idée fixe (« Laissez-moi sortir !… »), c’est un sujet tout autre qui apparaît. « En boule », si l’on ose dire, hirsute, moustache en bataille et yeux injectés de sang, il secoue en vain les barreaux de la cellule qu’est son propre cerveau.

Adieu, le Bois joli, Margotte, Pollux et le Manège du Père Pivoine ! Tournicoti et psychose d’enfermement résument ainsi le destin d’un héros clivé, torturé, en un mot  tournipsychotique et, somme toute, très « moderne ».

Le mécanisme est un engrenage simple, et la manivelle entraîne deux mouvements. D’un côté, le pignon fait tourner, plutôt lentement, la grande roue dentée qui porte la tête ; de l’autre, une petite came triangulaire et sa tige provoquent, au centre, les turbulences du personnage interné. Contrastant avec la lumière spirituelle diffusée par la bougie, une led à 3 v., alimentée par une pile sous la chevelure,  jette une lueur zénithale crue, blanche  et froide, du plafond de la cage sphérique.

[1] Voir http://oddlittlemachines.com/machines/the-meditator/. Le grand charme des œuvres de Borromeo tient dans un contraste entre d’un côté la simplicité parfois très fruste des mécanismes, personnages et décors, et de l’autre, la puissance expressionniste de la scène (voir, notamment, « Blind date », et « Burlesque »)

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Du nerf, le Rat!

rat entier     Directement inspirée du « Sketchbook Moment n°51 » de Paul Spooner[1], la scène réalise en 3 dimensions le dessin d’humour en question. Et cela change tout.

     En effet, le dessin montrait une façon plutôt insolite, pour un opérateur, de produire une rotation intermittente. Il suffit d’avoir dans les mains un Rat — ou tout autre plantigrade maniable (l’ours restant déconseillé pour toutes sortes de raisons) — que l’on fera marcher en le posant sans le lâcher sur la roue à mouvoir, le retirer permettant d’interrompre le mouvement.

     L’idée est d’enchérir sur cette élucubration, jusqu’à faire un brin repenser le concept même de mécanisme (il s’agit d’un méta-« automate », si l’on veut).

     Le dispositif est montré dans un décor un peu psychédélique et une ambiance de cirque, comme l’étaient par le passé les machines ingénieuses. En fait, la roue et, sortant de l’ombre du cadre, sur la droite, les mains qui posent et retirent le Rat, se trouvent commandées par un authentique mécanisme intermittent, actionné par la manivelle qui, elle, ne cesse d’entraîner les engrenages[2]. Tout se passe à l’envers du décor, avec un rouage central à bord en partie rogné : au moment précis où le manque fait perdre le contact par lequel ça tourne, la roue s’arrête et un levier à contrepoids mu par une came en écarte les mains tenant la bestiole.

La logique est apparemment mise à mal, puisque le vrai « truc » prend sa revanche sur le faux, alors même que c’est le faux qu’il met en scène.

Dites, mais c’est à désespérer, non ? si de stupides machines aussi se mettent à nous tromper, à présent…

[1] http://www.cabaret.co.uk/categories/spooner-garden/page/2/. Mon sous-titre corrige un peu celui de P. Spooner : Intermittent drive from mechanical rodent.

[2] Je remercie au passage Bruno Messin, créateur du « NavLab », où j’ai pu fabriquer mes premières roues dentées. Pour plus d’informations sur cette entreprise, voir navlab.avitys.com/.

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Globe trotteur

globetrotteur La langue a adopté l’emprunt brut de l’anglais trotter, mais la variante francisée de la locution devrait signifier, littéralement, que c’est désormais le globe qui trotte.

Qu’en serait-il de nous si, un beau jour, la planète partait en randonnée pédestre ? A coup sûr, le monde ne tournerait plus rond, au grand émoi des astrophysiciens.

Inspiré d’un des « rustic automata » du Néo-Zélandais Blair Somerville[1], ce dispositif mobilise, entraînées par la manivelle, deux roues décentrées qui, au contact du globe, le font tournebouler, et fonctionnent comme des bielles pour mouvoir librement les jambes, par dessous.

[1] Voir son passionnant travail sur https://www.youtube.com/watch?v=raU6749Cczw

[1] Voir son passionnant travail sur https://www.youtube.com/watch?v=raU6749Cczw

Verdurette

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« Or, de complexion mélancolique, Verdurette la Chenillette ne sortait que la nuit, et jamais sans son masque… ».

Elle s’inspire d’un bricolage de Jean-Michel, vu dans une émission qui fit la joie de mes jeudis après-midi, vers la fin des années 50, à la télévision française : « Verdurette la Chenillette » était faite d’une bande de papier crantée et montée sur le tiroir d’une boîte d’allumettes. En souvenir, j’ai conservé le nom, mais changé le mécanisme pour un levier à l’arrière du décor, un fil pour étirer la bestiole sur une manière de rail, et un élastique pour la contracter.

J’assortis le mouvement d’un contexte, « gothique » si l’on veut.

L’inscription du haut ressemble à la légende d’une illustration, dans un roman d’aventures du XIXe siècle. De fait, c’est la nuit profonde, sous une lune enténébrée d’un nuage, en un lieu désert. La Chenille, masquée, et sans doute un peu névrosée (à voir l’expression des yeux et les antennes en vrille), rampe en direction du réverbère qui figure à gauche. Ce dernier, grâce à un interrupteur, deux piles et une lampe led (3 v.) agencés au dos du décor, s’allume lorsque, s’étirant, la bestiole lève la tête vers lui, comme quelqu’un qui aspirerait à un idéal inaccessible. La mécanique grince un peu, ce qui dénote un sujet arthritique.

L’histoire ne dit pas si le mouvement de tête cause la lumière ou si c’est elle qui le provoque. Insondable mystère…

 

Une séance chez l’Orthophoniste

Entièrement originale pour une fois, la scène illustre à sa manière ce fameux « drame de la communication » qui, nous disent les anthropologues, passe toujours un tant soit peu par la voix. C’est mon premier automate à mettre en scène un sujet humain.

Un Orthophoniste moustachu un peu guindé, portant lorgnon et apparemment dur d’oreille, entreprend de rééduquer la petite Chatte qui est assise face à lui, sur un pouf.

Il l’encourage, avec un fort accent du Sud-Ouest, à répéter le virelangue qu’il pointe de la main droite au tableau noir :

« Sans que Sacha le sache, son chat Pacha chante à Natacha sa chanson sans son »,

tandis que la gauche approche de son oreille un cornet acoustique.

La Chatte, qui pose un regard oblique et mal assuré sur l’Orthophoniste et sa phrase, ferme alors les yeux, bouge la queue et ouvre la gueule pour lâcher un pitoyable « Miiiaouh ! Miiiaouh ! Miiiaouh ! », comme on pouvait s’y attendre.

Ici, le mécanisme est une vis-manivelle (faite d’un long foret à béton), qui transforme, selon une liaison hélicoïdale, la rotation en translation : elle déplace une sorte de chariot. C’est lui qui, successivement 1) déclenche, via un cliquet, la voix du bonhomme, sortie d’une boîte enregistrable à pile, puis, au gré de fils de nylon plus ou moins tendus, 2) actionne son bras gauche, puis les yeux et la bouche de la minette, et pour finir la boîte-à-miaouh. Des élastiques ramènent tous les organes mobiles à la situation initiale, à peine on tourne à l’envers.

Couplée à ces élastiques de retour, la longueur variable des fils permet d’éviter d’en passer par le dispositif classique des mouvements discontinus, la « roue de Genève », qui est particulièrement difficile à fabriquer pour un bricoleur du dimanche. La rançon de cette facilité est qu’il faut toujours, en fin de course, faire machine arrière manuellement.

 

Le Voyage

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C’est une scène animée entièrement inédite et des plus « littéraires », représentant un coin de chambre, celle d’un poète maudit, vers la fin du XIXe siècle (à en juger par le style de la décoration).

Au porte montre sculpté en forme de serpent (dans un lien pour sachet), il est 4 heures. Le Poète est sorti, sans doute pour acheter du vin chez le bougnat ou, chez l’apothicaire, sa quotidienne dose de laudanum.

La chambre est presque en ordre : l’on comprend qu’il a prévu de partir bientôt, et fort loin.

En effet, sur le tapis chamarré, une lampe à pétrole semble prête à éclairer la carte du Pôle (souvenir de l’Arthur Gordon Pym d’Edgar Poe), lestée, elle, par un sextant, un compas de marine, une mallette à fermeture square mouth et un parapluie noir. Dans le coin gauche, le recueil des Poèmes de Poe (illustré par  William Heath Robinson) est resté ouvert à la page d’« Eldorado »[1].

Au fond, une grande carte sur un chevalet exhibe le monde connu à la fin du XVIe siècle. Elle remplace symboliquement le visage d’un Fou du roi, et porte en devise, au front « O capvt elleboro dignvm  » (« Ô tête digne de l’ellébore », une plante qui soignait, dit-on, l’insanité mentale)[2].

Entre elle et le premier plan, sur une sorte d’estrade s’empilent une grosse malle à ferrures, une valise et un carton à chapeaux (avec une étiquette « Lord’sChapeaux), sur laquelle trône un haut-de-forme noir (mais pourquoi ce chapeau n’est-il pas dans sa boîte ?). Deux ours en peluche complètent cet ensemble (le Poète aurait-il gardé son âme d’enfant ?). A droite, sur un perchoir, encore le souvenir d’un texte de Poe: un Corbeau (peut-être empaillé  ?) est enchaîné.

Une partie de ces questions trouve sa réponse dans l’actionnement.

Quand on l’approche de la carte et du livre étalés sur le tapis, la lampe s’allume, et coiffé du chapeau noir — terreur ! — un crâne sort du carton et fixe le spectateur, tandis que le Corbeau — il était vivant ! — tourne la tête à gauche, à peine surpris de voir survenir la Mort en personne. Le maître des lieux ne l’avait-il pas invoquée, par ces vers à la fin du dernier poème des Fleurs du Mal, intitulé Le Voyage ?

O Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l’ancre !

Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !

Charles Baudelaire – Les Fleurs du Mal, CXXVI.

Dissimulé dans la pile des bagages, un système de fils et crochets fait monter et descendre le crâne. Une tige à pivot fait interrupteur pour la lampe (une led à piles de 3 v.), et reliée à elle, une autre tige, coudée, traverse le plancher, le perchoir et le corps de l’oiseau noir pour faire pivoter la tête (au passage, c’est aussi sa patte droite, ce que l’on ne remarque guère).

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[1] The Poems of Edgar Allan Poe, illustrated and decorated by W. Heath-Robinson, London, George Bell & Sons, 1901, p. 64-65.
[2] Attribuée au mathématicien, géographe et cartographe dauphinois Oronce Fine, cette carte surprenante fut publiée en 1590 et se trouve conservée à la BNF. Elle arbore bien d’autres inscriptions, qui expriment une vision toute baroque de l’insignifiance du monde et de l’homme, bien faite pour plaire à un poète incompris de ses contemporains. En haut : « Nosce te ipsvm »(Connais-toi toi-même) ; sur la bandoulière : « O cvras hominvm O quantvm est in rebvs inane » (O vains soucis des hommes ! Que de néant dans les choses de ce monde !), « Stvltvs factvs est omnis homo… » [début de « Stvltvs factvs est omnis homo ab scientia confvsvs est omnis conflator in scvlptili qvia mendax conflatio eivs nec est spiritvs in eis »] (Tout homme a été idiotifié par la science, tous ces souffleurs ont été confondus dans leurs œuvres, parce que tout ce soufflage n’est que mensonge et l’esprit n’y est pas), « Vniversa vanitas o[m]nis homo » (Chaque homme n’est que vanité) ; sur les « oreilles » du bonnet : « Avricvlas asini qvis non habet » (Qui n’a pas des oreilles d’âne ?) ; sur le sceptre : « Vanitas vanitatvm et omnia vanitas » (Vanité des vanités, tout est vanité) ; sur le cou : « Stvltorvm infinitvs est nvmervs » (Le nombre des sots est infini).

2013, l’Année du Serpent

IMG_8122L’« automate » fête l’an 2013 (c’est-à-dire 4711 si l’on part de celui où l’Empereur Jaune fut conçu), et s’inspire du « SSSSnake » de Rob Ives[1]. Sous une monnaie de Chine à trou carré, une étiquette rouge le dit, qui orne le devant d’une boîte à thé servant de socle, sur une estrade rouge vif. Un jovial Serpent se dresse par dessus : au tour de manivelle, il recule, puis se projette vers le spectateur en ouvrant soudain la gueule. Dans son attitude, à une agressivité de convention paraît bien se mêler la joie de reconnaître la personne en face.

Le mécanisme est un vilebrequin relié à une tige fixée à la tête, une languette de rhodoïd permettant que s’ouvre et se ferme la mâchoire.

On n’a souvent pas le choix entre montrer ou dissimuler la machinerie, la transparence d’organes en rhodoïd translucide figurant un compromis. Ici, l’illusion triomphe quand même, dans la mesure où la surprise et l’attitude extravertie du Serpent accaparent l’attention et font négliger d’autant l’appareillage.

[1] http://www.robives.com/blog/snake

 

 

Le Grand Teddy Bear

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« Applaudissez, Mesdames et Messieurs, le spécialiste de la Grande Illusion, ce Maître de la Magie, le Grand Teddy Bear ! Il déclare que, devant vos yeux ébahis, il va à présent se faire disparaître lui-même ! »

Aussi a-t-il abandonné sur le guéridon son chapeau et sa baguette magique.

Le Lapin blanc assis au bas du piédestal lui tourne résolument le dos, et croise les bras d’un air sceptique. Et il a peut-être raison car, en fait de disparition, le tour tient du « Coucou ! Caché ! » des bambins davantage que de l’illusion promise (l’idée de l’ours et de son mouvement vient d’un karakuri japonais, œuvre de Keisuke Saka[1]).

Le mécanisme est un vilebrequin, relié aux bras qui pivotent sur leur axe, comme dans le « Fantôme ».

[1] Voir https://www.youtube.com/watch?v=bYd04Zdx-ls