Présentation

Professeur émérite des Universités (en Lettres Modernes), j’avais connu la fascination des automates, à travers la littérature (E. T. A. Hoffmann, Edgar Allan Poe), le cinéma (Métropolis de Fritz Lang, Casanova de Federico Fellini et, plus récemment, Hugo Cabret de Martin Scorsese), voire le ballet (Casse-Noisette de P. I. Tchaïkovsky, Coppélia de Léo Delibes, Les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach).

Retrouver du temps libre m’a permis, vers 2011, de repérer les nombreux sites internet, américains, japonais, européens, consacrés à l’invention et à la fabrication de ces petites mécaniques, et de m’y mettre. Le travail que je présente doit beaucoup à certains automatiers virtuoses d’aujourd’hui (j’avoue ces dettes en note), comme, parmi bien d’autres[1], l’ingénieux Rob Ives[2], qui construit toutes ses machines en papier bristol et dont j’ai tâché souvent de réaliser des prototypes en y mettant du mien, pour le meilleur, j’espère.

Automates ? Force est d’avouer qu’ici comme ailleurs, le terme est sujet à caution, et depuis fort longtemps. Commode, puisque, depuis les anciens Grecs, tout le monde entend ce que l’on désigne par là, il est aussi impropre, dans la mesure où aucune de ces machineries ne « se meut par elle-même », mais via un mécanisme et un opérateur. Il faudrait au contraire parler, en généralité, d’allomates ou, plus techniquement, ainsi que le faisait à juste titre remarquer le théoricien de l’écriture Jean Ricardou lors de ma première exposition au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle, le 7 août 2014, de mécanomates.

Ce vocable traditionnel sera donc ou évité ou toujours assorti de guillemets, dans les notices qui vont suivre.

La plupart des « automates » (donc) visibles ci-après, sont faits en matériaux de récupération, et j’en détaille le mécanisme dans leur notice. Ils sont tous actionnés par une manivelle, une tirette ou un levier, ce qui épargne une toujours trop dispendieuse motorisation, en procurant le plaisir d’un maniement direct. Il m’arrive d’user de piles si j’ajoute une sonorisation ou une ampoule led, et j’exploite quelquefois l’énergie permanente des aimants « néodymes », qui s’avère pleine de ressources encore à explorer[3].

Au rebours des steampunk ou clockpunk, ces styles très en vogue, aujourd’hui, où toute la machinerie s’exhibe, dans mon travail, cames, bielles, engrenages, poulies ou fils sont toujours, autant que possible, cachés aux regards, sauf quand c’est impraticable ou quand leur monstration donne du sens au sujet. Mes machines visent l’effet maximum, qui est fonction du nombre de mouvements que déclenche une seule manœuvre, bien que, parfois, un seul mouvement suffise, s’il surprend assez le spectateur. Sous cet angle, certaines cartes animées (ou pop up cards) ont été à l’origine des « automates » que j’expose.

Pour la grande majorité d’entre eux, l’allure graphique est celle des films d’animation, mon autre passion de toujours (marionnettes ou dessins animés : de Walt Disney à Tim Robbins, en passant par Max & Dave Fleischer, Pat Sullivan, Iouri Norstein et, bien sûr, Jiri Trnka). Quelques-uns tendent plus vers l’abstrait, pour éveiller peut-être une réflexion.

Plus familier des Lettres que de la mécanique, malgré tout, j’assortis fréquemment le sujet d’une formule un peu travaillée, soit citation, soit proverbe ou formule détournés, soit titre ou discours inédits. Avec le but d’ajouter ainsi, une dimension culturelle, philosophique, morale ou simplement fictionnelle, en même temps presque toujours bouffonne.

Bonne visite !

 

Daniel BILOUS

Février 2015

[1] Dug North, Paul Spooner, Keith Newstead, David Secrett, Dominique Corbin, Thomas Kuntz, Blair Somerville etc., impossible de tous les citer. Un site italien en donne une liste copieuse : http://www.paperpino.net/

[2] Cf. http://robives.com/

[3] Une magie dont témoignent, par exemple, les sculptures cinétiques de Laurent Debraux.

 

[1] Dug North, Paul Spooner, Keith Newstead, David Secrett, Dominique Corbin, Thomas Kuntz, Blair Somerville etc., impossible de tous les citer. Deux sites notamment, un italien : http://www.paperpino.net, et un allemand : http://www.walterruffler.de/Link.html, donnent une copieuse liste de liens.

[2] Cf. http://robives.com/

[3] Une magie dont témoignent, par exemple, les sculptures cinétiques de Laurent Debraux.

 

5 commentaires sur “Présentation

  1. Rabatel dit :

    Cher Daniel, c’est automatique, c’est fabilous!

  2. JOST dit :

    Ton site est magnifique!

  3. Carole dit :

    Je trouve votre site intéressant, original. Je suis curieuse de découvrir la suite.
    Bravo pour le style!

  4. Maurel-Indart dit :

    En fait, c’est de la philosophie en action ! de la mécanosophie…, plutôt que de l’automatosophie, si j’ai bien compris.

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