Zébulon : le Tournipsychotis

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Afin de constituer une série, l’on adapte au génie du Manège enchanté l’heureuse idée d’un « automate » que son concepteur, Tom Borromeo, a intitulé « The Meditator »[1].

Ici, un Zébulon infiniment serein montre d’abord sa face rubiconde : les yeux clos, il sourit béatement devant la flamme d’une bougie.

Toutefois, pour qui connaît son histoire tourmentée (que révélait déjà, notamment, « Zébulon se regarde ou le stade du miroir »), cette tranquillité pourrait bien cacher quelque chose.

De fait, quelques tours de manivelle et, à l’arrière du crâne, encagé  et tout concentré sur son idée fixe (« Laissez-moi sortir !… »), c’est un sujet tout autre qui apparaît. « En boule », si l’on ose dire, hirsute, moustache en bataille et yeux injectés de sang, il secoue en vain les barreaux de la cellule qu’est son propre cerveau.

Adieu, le Bois joli, Margotte, Pollux et le Manège du Père Pivoine ! Tournicoti et psychose d’enfermement résument ainsi le destin d’un héros clivé, torturé, en un mot  tournipsychotique et, somme toute, très « moderne ».

Le mécanisme est un engrenage simple, et la manivelle entraîne deux mouvements. D’un côté, le pignon fait tourner, plutôt lentement, la grande roue dentée qui porte la tête ; de l’autre, une petite came triangulaire et sa tige provoquent, au centre, les turbulences du personnage interné. Contrastant avec la lumière spirituelle diffusée par la bougie, une led à 3 v., alimentée par une pile sous la chevelure,  jette une lueur zénithale crue, blanche  et froide, du plafond de la cage sphérique.

[1] Voir http://oddlittlemachines.com/machines/the-meditator/. Le grand charme des œuvres de Borromeo tient dans un contraste entre d’un côté la simplicité parfois très fruste des mécanismes, personnages et décors, et de l’autre, la puissance expressionniste de la scène (voir, notamment, « Blind date », et « Burlesque »)

zebulon tête arriere zebulon tête zebulon texte

 

3 commentaires sur “Zébulon : le Tournipsychotis

  1. Alain Rabatel dit :

    Cher Daniel,

    Ce Zébulon est coriace, il ne se laisse pas manœuvrer. Ou alors (hypothèse plus que probable), je n’y arrive pas !

    J’en profite pour te souhaiter un saut léger dans l’an 2015.

    Bien à toi,

    Alain

    Alain Rabatel Professeur de sciences du langage, Université de Lyon 1 ICAR, UMR 5191, CNRS, Université Lumière-Lyon 2, ENS-Lyon page personnelle: http://icar.univ-lyon2.fr/membres/arabatel

    adresse professionnelle laboratoire : ENS-Lyon, 15, Parvis René Descartes, BP 7000 69342 Lyon cédex 07 bâtiment Recherches, bureau R-164, tel : 04 37 37 66 65 ; fax : 04 37 37 62 65 adresse personnelle : 16, rue Auguste Comte, 69002 Lyon Tel: 09 80 39 32 07

    Fax: 09 85 39 32 07

  2. Maurel-Indart dit :

    L’enfance en prend un sacré coup… Heureusement, on ne savait pas ! avant…

    • ovidius dit :

      Et si l’on songe à ce qui tournicote dans la tête de celui qui est derrière les barreaux : zone lub (loaded up brain)

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