Le Veau d’Or est toujours debout

veau entier box

 

 

 

 

 

Il s’agissait de donner un sens économico-politique, voire moral, à un jouet, l’amusante « Exploding coin box » qui fut présentée à l’exposition de New-York, en 2012, et que l’on peut revoir sur le site « Grand Illusion »[1].

 

Dans l’opéra Faust, de Charles Gounod, Méphistophélès le chantait déjà :

 

Le veau d’or est toujours debout!

 

On encense sa puissance

D’un bout du monde à l’autre bout.

Pour fêter l’infâme idole,

Rois et peuples confondus,

Au bruit sombre des écus,

Dansent une ronde folle,

Autour de son piédestal!

 

Et Satan conduit le bal.

 

Le veau d’or est vainqueur des dieux!

 

Dans sa gloire dérisoire

Le monstre abject insulte aux cieux.

ll contemple, ô rage étrange,

A ses pieds le genre humain,

Se ruant, le fer en main,

Dans le sang et dans la fange,

Où brille l’ardent métal.

 

Et Satan conduit le bal.

Depuis la crise financière de 2008, à tout le moins, la planète aura peut-être enfin compris que l’impérissable Veau d’Or s’appelle aujourd’hui « capitalisme mondialisé », et que le temple où l’adorent rois et peuples confondus s’appelle une « banque ».

Devant une gravure satirique de la Belle Epoque qui, entre la Bourse et la Tour Eiffel, adaptait déjà le mythe au chaos financier d’alors, on a placé ce qui pourrait bien figurer l’autel où l’infâme idole reçoit les sacrifices : un coffre-fort d’allure invincible.

Or, si nul ne peut ouvrir ce dernier sans la combinaison, il est toujours loisible de glisser des pièces d’ardent métal dans la fente, puisque c’est aussi, apparemment, une tirelire (la Banque reçoit toujours et rend fort peu, c’est bien connu). Pour le poids, on a choisi une grosse pièce, de deux francs (suisses).

Mais gare ! Il est écrit : « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » (Matthieu, 6, 24). Qui voue ainsi un culte aux richesses de ce monde s’expose à voir éclater la boîte, et s’effondrer son rêve d’avaricieux. Aussi bien, quoi d’étonnant à découvrir, parmi les ruines, que la machinerie dissimulée n’est autre qu’un piège… à rats ?

L’effet invariablement dévastateur illustre la puissance d’un mouvement unique, quand il surprend.

 

[1] https://www.youtube.com/watch?v=3dN8xjpOaa

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